Alimentation et phthalates. Une étude menée en Corée du Sud a démontré que les changements alimentaires peuvent modifier considérablement l’exposition aux antibiotiques et aux phthalates. Les participants se sont soumis à un régime végétarien (inspiré de celui des moines bouddhistes) pendant cinq jours. Des échantillons d’urine ont été mesurés avant et après le changement de régime. La fréquence et les niveaux détectés d’anti­biotiques comme des phthalates ont sensiblement diminué pendant l’étude. (Influence of five-day vegetarian diet on urinary levels of antibiotics and phthalate metabolites: A pilot study with Temple Stay participants. dfoi.10.20.16/j.envres. 8 février 2010)

Ignifugeants bromés et phthalates. Des chercheurs de l’Université McGill ont reçu une subvention de 5 millions de dollars pour étudier les effets toxiques possibles des ignifugeants bromés et des phthalates. Tous deux font l’objet d’une surveillance étroite depuis que certains ignifugeants bromés ont été interdits dans la fabrication d’ameublements résidentiels par l’Union européenne. Les phthalates, utilisés pour rendre le plastique plus souple, ont été visés par des organismes environnementaux qui affirment que les enfants qui sucent et mordillent régulièrement des gommes à effacer s’exposent à des risques. Les études seront coordonnées par Bernard Robaire de l’Institut de recherche du CHUM. (Gazette de Montréal, 15 février 2010)

Effets des phthalates sur le comportement. Selon une récente étude américaine, un niveau élevé d’exposition aux phthalates pendant la grossesse pourrait être lié à des comportements disruptifs chez les enfants. Dans le cadre de cette étude, des échantillons d’urine ont été prélevés auprès de 177 femmes recevant des soins prénataux et les échantillons ont été analysés afin qu’on y détermine la présence de métabolites de phthalates. Les participantes ont ensuite été invitées à se présenter pour un suivi une fois que leurs enfants étaient âgés de 4 à 9 ans. Les enfants avec les niveaux les plus élevés de métabolites de phthalates affichaient des comportements plus agressifs, davantage de problèmes d’attention et de cas de dépression. Les chercheurs concluent que des recherches supplémentaires sont requises d’urgence. (Environmental Health Perspectives doi: 10.1289/ehp.0901470)

Traitement au Herceptin. Environ 20 pour cent des femmes atteintes d’un cancer du sein ont des cancers HER2+ et bénéficieront de Herceptin (trastuzumab), un traitement qui nuit au récepteur HER2. Une récente étude démontre que cette forme de traitement devrait être donnée en conjonction avec une chimiothérapie pour des résultats optimaux. Dans le cadre de l’étude, 3 133 femmes ont reçu l’un des trois traitements suivants : chimiothérapie uniquement, chimiothérapie et Herceptin en même temps, ou chimiothérapie suivie de Herceptin. Les taux de survie étaient de 71,9 pour cent pour le premier groupe, de 80,1 pour cent pour le deuxième, et de 84,2 pour cent pour le troisième. Ceci a confirmé la pratique de plus en plus courante consistant à administrer une chimiothérapie et le Herceptin ensemble. (32 symposium annuel sur le cancer du sein de San Antonio, du 9 au 13 décembre 2009)

Nouveau test pour les cancers du sein de stade précoce. Un récent test multigènes qui prédit si des patientes souffrant d’un cancer du sein au stade précoce bénéficieront d’une chimiothérapie pourrait influencer la recommandation des médecins en matière de traitement. Le test sur 21 gènes (Oncotype DX) examine des échantillons de tumeur et vérifie son degré d’activité. Les patientes qui obtiennent des résultats démontrant une faible activité des tumeurs pourraient éviter la chimiothérapie. Une étude révèle que les résultats du test ont poussé les médecins à changer leurs recommandations dans près d’un tiers des cas. Le test a été évalué dans le cadre de 13 études cliniques auxquelles ont participé plus de 4 000 femmes souffrant d’un cancer du sein, et les résultats ont été publiés dans le Journal of Clinical Oncology (2003, vol. 21, p. 298 et 2006, vol 24, p. 3726-3734).

Le tamoxifène pour prévenir le cancer du sein. Bien qu’AstraZeneca, le fabricant de tamoxifène, fait depuis longtemps la promotion de ce médicament auprès des femmes dont le taux de risque d’avoir un cancer du sein est élevé, la plupart d’entre elles choisissent de ne pas le prendre. Pour calculer le nombre d’Américaines âgées de 40 à 79 ans qui prenaient du tamoxifène à titre préventif, des chercheurs du National Cancer Institute ont utilisé des données de sondages nationaux couvrant la période de 2000 à 2005. Le taux de prise de tamoxi­fène est très faible – seulement 0,2 pour cent en 2000 et 0,08 pour cent en 2005. Cela pourrait s’expliquer par le fait que le tamoxifène s’accompagne de nombreux effets secondaires : bouffées de chaleur, problèmes sexuels, cancer de l’utérus, caillots sanguins et cataractes. (www.sciencedaily.com/releases/2010/02/100208091907.htm)

Développements relatifs au bisphénol-A (BPA). Six des plus importants fabricants de biberons aux États-Unis ont accepté d’inter­dire volontairement le BPA. Cela fait suite à plus de 130 études menées au cours de la dernière décennie établissant un lien entre des niveaux mêmes faibles de BPA et de sérieux problèmes de santé – cancer du sein, obésité et déclenchement précoce de la puberté. De plus, une nouvelle étude (la deuxième du genre) a établi un lien entre une exposition élevée au BPA et un risque considérablement accru de maladie cardiovasculaire. De son côté, la U.S. Food & Drug Administration confirme ses inquiétudes quant aux effets du BPA sur la santé des enfants et a lancé des recherches qui pourraient donner lieu à sa réglementation. (http://tinyurl.com/37u5c83) (http://tinyurl.com/346waa3) (www.environmentalhealthnews.org/ehs/news/fda-shifts-stance-on-bpa)

Le Paxil affaiblit les effets du tamoxi­fène. Jusqu’à 25 pour cent des femmes souffrant d’un cancer du sein développent une dépression et nombre d’entre elles se voient prescrire des inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine (SSRI), notamment du Paxil et ses formes génériques. Une étude a été menée auprès de 2 430 femmes âgées de 66 ans et plus qui recevaient un traitement au tamoxifène ainsi qu’aux SSRI. Pendant l’étude (qui a duré 12 ans), 374 femmes (15 pour cent) sont décédées des suites du cancer du sein. L’utilisation de paroxetine (Paxil) en combinaison avec le tamoxifène a été liée à un risque accru de décès. Il a été conclu que le Paxil réduit ou abolit les effets positifs du tamoxifène. Pour les patientes traitées au tamoxifène, il est recommandé que les médecins choisissent d’autres produits pour traiter la dépression. (Gazette de Montréal, 9 février 2010)

Pleins feux sur les substances chi­miques. La US Environmental Protection Agency (EPA) met en place une nouvelle liste de « substances chimiques problématiques » qui pourrait influencer les entreprises à éviter les substances qui y figurent et pousser les législateurs à établir de nouvelles réglementations. Lorsque l’EPA ajoute une substance chimique à sa liste, elle peut exiger des fabricants qu’ils fournissent des données sur un produit qui autrement en serait exempté, et en interdirait également l’importation ou l’exportation. Le bisphénol-A figure déjà sur la liste, de même qu’un certain nombre de phthalates et d’ignifugeants d’éther de diphényl polybromé (PBDE). (http://environmentalnewsstand.com/epanewsstand_nletters.asp?NLN=risk&action=recent)

Les niveaux de PBDE affectent la fertilité des femmes. D’après une étude menée par des chercheurs de UC Berkeley en 2000, les femmes qui essayaient activement de tomber enceintes et qui avaient des niveaux élevés de PBDE (éther de diphényl polybromé) dans le sang avaient entre 30 et 50 pour cent moins de chance de tomber enceinte chaque mois que les femmes affichant de très faibles niveaux de PBDE. L’EPA américaine a interdit deux des trois compositions de PBDE développées pour un usage commercial en 2005, et la troisième version devrait entrer en production en 2013. Cependant, les nouvelles substances chimiques remplaçant des PBDE interdits n’ont pas été testées. (http://ehp03.niehs.nih.gov/article/fetchArticle.action?articleURI=info%3Adoi%2F10.1289%2F ehp.0901450)

L’hyperprolactinémie, un effet secondaire de certains médicaments. L’hyperprolactinémie est le taux anormalement élevé d’hormone pituitaire stimulatrice de la lactation, la prolactine, et l’on s’inquiète de plus en plus d’un certain nombre de ses effets secondaires à court et à long terme, notamment la possibilité de risque accru de cancer du sein. Bien que les tumeurs des cellules productrices de prolactine (prolactinomes) soient la cause la plus courante, l’hyperprolactinémie est également un effet secondaire de nombre de médicaments antipsychotiques, en particulier les phénothiazines, dont le rispéridone (Risperdal) est une cause courante. Ce médicament peut être prescrit de manière « non conforme » aux adultes pour traiter la dépression, l’anxiété, les troubles obsessifs-compulsifs, la démence ou les troubles du sommeil. La vérification périodique des niveaux de prolactine est recommandée, ainsi que le recours à des traitements alternatifs. (Tworoger SS, Eliassen AH, Rosner B, Sluss P, Hankinson SE. Plasma Prolactin Concentrations and Risk of Post­menopausal Breast Cancer. Cancer Research 64, 6814-6819, 15 septembre 2004)

L’exposition au téléphone cellulaire bénéfique pour les humains? Des chercheurs de la University of South Florida ont rapporté récemment que des souris atteintes de la maladie d’Alzheimer étaient plus en mesure d’appréhender les labyrinthes après une exposition à long terme à des ondes électromagnétiques équivalentes à celles générées par les téléphones cellulaires. Après avoir exposé les souris à des ondes à haute fréquence deux fois par jour pendant une heure sur une période de 7 à 9 mois, les chercheurs ont observé que les souris plus âgées affichaient un renversement des symptômes, les souris plus jeunes génétiquement susceptibles de souffrir de la maladie d’Alzheimer n’ont pas développé de symptômes, et les souris en bonne santé ont amélioré leurs performances cognitives. Bien que, par prudence, ils ne puissent pas extrapoler les résultats pour les appliquer aux humains, les chercheurs ont établi la possibilité que l’exposition à des ondes de haute fréquence puisse non seulement augmenter les défenses contre la maladie d’Alzheimer, mais qu’elle améliore également la mémoire. (Journal of Alzheimer’s Disease, vol. 19(1), janvier 2010, p. 191-210)

Le Fosamax sous la loupe. La U.S. Food & Drug Administration a récemment annoncé qu’elle allait se pencher sur le lien possible entre l’utilisation de certains médicaments contre l’ostéoporose et un type particulier de fracture de la jambe. Dans quelques cas de femmes qui avaient pris du Fosamax pendant des périodes prolongées, les os de leur fémur se sont cassés alors qu’elles ne faisaient que marcher. Cet effet paradoxal a été signalé par ABC News et fait suite à des rapports selon lesquels Fosamax cause de sévères douleurs musculo­squelettiques et, dans de rares cas, une malade de la mâchoire liée aux os, appelée l’ostéonécrose. (http://abcnews.go.com/print?id=10057108)

La liste REACH de produits chimiques dangereux a doublé. L’Agence européenne des produits chimiques a ajouté 14 substances à sa liste de produits chimiques « très préoccupants » faisant l’objet d’une surveillance spéciale en matière de santé et sécurité en vertu de la réglementation REACH (Registration, Evaluation, Authorisation and Restriction of Chemicals) de l’Union européenne. Cela porte à 29 le nombre de produits « très préoccupants », une liste qui devrait atteindre 150 produits ou plus d’ici la fin de cette année.
(http://www.chemie.de/news/e/111781/)

Le DDT fait un retour? De nombreux articles font le lien entre l’interdiction visant le DDT et les décès causés par la malaria, malgré le fait que le DDT ne soit pas interdit dans la plupart des pays qui luttent contre la malaria et soit en fait utilisé dans 10 des 17 pays africains qui ont recours à la pulvérisation intérieure. Les personnes qui sont en faveur du DDT pour contrôler la malaria ignorent le fait que les moustiques porteurs de la malaria développent rapidement une résistance à ce produit et à d’autres insecticides et que l’exposition prénatale peut donner lieu à des problèmes de fonctionnement mental et physique graves chez les jeunes enfants. Pour un aperçu instructif de la situation, visiter http://tinyurl.com/27z4nb3

Des professions qui augmentent les risques d’anomalies congénitales. Des données recueillies auprès de 9 000 femmes américaines ayant donné naissance entre octobre 1997 et décembre 2003 à un enfant souffrant d’au moins une anomalie congénitale ont été effectuées. Les concierges, les pharmaciennes et les femmes qui travaillent en biologie ou en chimie affichaient un risque plus élevé de donner naissance à des enfants ayant des anomalies gastrointestinales, spinales ou cardiaques que les femmes d’autres professions. Une étude de suivi est prévue. (Occupational & Environmental Medicine, doi:10.1136/oem.2009.048256)

Le Danemark interdit le bisphénol-A dans les aliments pour jeunes enfants. Suite à une nouvelle évaluation, le gouvernement du Danemark a invoqué le principe de précaution pour introduire une interdiction nationale temporaire visant le bisphénol-A dans les matériaux en contact avec les aliments pour enfants de 0 à 3 ans (biberons pour nouveaux nés, verres et emballages). De nouvelles études ne donnent pas de preuves claires que le bisphénol-A affecte le système nerveux ou le comportement, mais il semble y avoir une incidence sur les capacités d’apprentissage. Jusqu’à ce que les résultats soient confirmés, l’interdiction est en vigueur – y compris une période de transition de trois mois pendant laquelle les produits en stock peuvent être vendus. À compter du 1er juillet 2010, le bisphénol-A sera interdit dans la fabrication des produits visés par l’interdiction. (http://tinyurl.com/28p8mx3)