Donatrice anonyme

Quelques années après avoir terminé tous les traitements pour mon cancer du sein (la gamme complète : 2 chirurgies, la chimiothérapie et la radiothérapie), j’ai entamé ce qui allait devenir un rite annuel, La Course à la vie CIBC. N’ayant jamais couru, ni même fait du jogging lent, je n’ai pas trouvé facile de courir 5 km sans m’arrêter. Peu importe le temps que cela me prendrait, il fallait que je parcoure le trajet au complet au pas de course (bon, disons au petit trot). La première fois, j’en ai littéralement eu les larmes aux yeux. J’arrive à peine à le croire, mais c’est devenu un rite annuel, voire une superstition, un élément de ma routine de mieux-être auquel se sont ajoutés la méditation et un régime végétarien aux aliments biologiques.

Chaque année depuis 2003, j’ai donc pris part à La Course pour la vie CIBC – 5 km, sans jamais m’arrêter. J’ai toujours payé les frais d’inscription, et recueilli les contributions de mes amis et de ma famille. Et voilà qu’un jour le long métrage documentaire Pink Ribbons Inc. m’a ouvert les yeux sur ce que le Globe and Mail appelait le « pinkwashing » et sur le côté sombre de la philanthropie du cancer du sein, à savoir les profits que ces activités de « collecte de fonds » rapportaient aux entreprises qui les organisaient. Le film posait la question : les fonds ramassés lors de toutes ces activités « roses » servent-ils vraiment à quelque chose d’utile ? J’ai décidé que dorénavant, je donnerais mon argent à ACSQ. Je cours toujours mes 5 km, et j’arrive toujours à terminer la course sans m’arrêter une seule fois, mais je préfère donner l’équivalent du montant que j’aurais ramassé pour cette course à une organisation qui se consacre directement à la prévention de la maladie sur le terrain.